Vocation : être appelé, pas seulement compétent
Le mot vocation vient du latin vocare, appeler. Il suppose un appelant, un appelé, et un contenu de l'appel. Cette structure relationnelle est aux antipodes de la logique d'une carrière auto-construite.
Être en vocation, ce n'est pas d'abord avoir un métier qui correspond à ses aptitudes. C'est avoir la conviction que ce que l'on fait a un sens qui dépasse la simple transaction économique. Que l'on est à sa place, non par hasard ou par calcul, mais par réponse à quelque chose de plus grand.
L'appel universel et l'appel particulier
La tradition chrétienne distingue deux niveaux d'appel. Il y a d'abord l'appel universel : tout être humain est appelé à aimer, à servir, à construire, à prendre soin de la création.
Puis il y a l'appel particulier : la manière singulière dont cet appel universel prend forme dans une vie concrète. Pour certains, c'est une profession médicale. Pour d'autres, l'enseignement, le commerce, le droit, l'art ou l'artisanat.
Vocation et souffrance au travail
La crise de sens au travail — le fameux burnout — frappe souvent les personnes les plus engagées, celles qui y mettaient le plus. Paradoxalement, ceux qui travaillent par vocation semblent plus résistants à l'épuisement. Non parce qu'ils en souffrent moins, mais parce qu'ils ont des ressources intérieures que le seul calcul coût-bénéfice ne peut pas fournir.
La vocation n'immunise pas contre la fatigue. Elle offre un cadre de sens qui permet de traverser les épreuves sans s'y perdre.

